Manu Pirard: « Un simple « merci » quand on donne de l’eau aux adversaires est souvent difficile à obtenir. »

Geer a toujours su misé sur une équipe de bénévoles soudée et fidèle au poste. Sans eux, pas de match. Pas de formation. Pas d’entretien. Pas de club, en somme. Pourtant, ces « personnes de l’ombre » ont la vie dure dans le football actuel.  Comment remédier à cela? Manu Pirard, supporter depuis plus de 40 ans et aujourd’hui chargé des transferts seniors, nous parle de ce « job » qu’il chérit depuis à peu près 7 ans.

Comment organises-tu ton travail?

 Je suis un passionné du foot, je me rends très souvent voir des matches de la région pour y repérer l’un ou l’autre joueur intéressant, je vais aussi visionner des futurs adversaires à la demande de l’entraineur.

Après, je participe de manière général à la vie du club : nettoyage des vestiaires, nettoyage des vareuses, organisation des évènements du club,…

Qu’est ce qui te plait le plus dans tout ce que tu fais ? Quel plaisir y prends-tu ?

Comme indiqué, je suis un passionné de football. Je ne peux pas me passer du terrain. Si je ne vois pas un match sur ma semaine, si je ne peux être présent aux entrainements de l’équipe, cela me rend malade. J’ai besoin de l’ambiance du vestiaire, de sentir le terrain tous les jours de la semaine ! au plus je suis avec les joueurs sur le terrain, au mieux je me porte !

 As-tu une anecdote particulière ? Un souvenir qui t’a marqué durant ces années ?

La première qui me vient en tête, c’est l’année où nous avons été champions avec la P3, sous l’ère Bonomi. Nous y avons connu une ambiance comme on n’en connaitra plus jamais. Une véritable osmose existait entre les joueurs, le staff, les bénévoles, les supporters, le comité,… tout le club était partie prenante dans la moindre activité effectuée ensemble : repas de nouvel an, sorties dans les cafés, ambiance dans le vestiaire,…

C’était aussi l’année où une future icône du club joua son premier match à 16 ans : Maxime Beauduin !

On remarque au fil des années une diminution du nombre de bénévoles dans tous les clubs. Comment peux-tu l’expliquer ?

Il y a d’abord un manque de temps. Nous vivons dans une société où les gens sont pressés de toutes parts. Le peu de temps libre restant est donc d’abord mis à profit pour soi-même, ou sa propre famille.

Ensuite, même si à Geer nous ne sommes pas à plaindre, il y a parfois un véritable manque de reconnaissance de la part de certains acteurs du milieu, en particulier les joueurs, jeunes comme adultes. Il n’est pas rare de retrouver les vestiaires dans un état déplorable : boue dans les douches, crasses au sol (bouteilles, papiers,…),…

Vous savez, ne fut-ce qu’un simple « merci » quand on donne de l’eau aux adversaires est souvent difficile à obtenir.

 Comment réussir à améliorer la situation ?

 Il s’agit d’un problème de société de manière général. C’est très simple, cela passe par une prise de conscience des adultes, et d’une meilleure éducation de nos jeunes…

Priscilla Lénaerts

 

Propos recueillis par Nicolas Henkinet